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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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F.PÎïRES.

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Que ee conteur heureux qui plaisamment chanta bLe démon Belphégor et madame Honesta ,

LÉsope des Français, le maître de la fable,

Ait de la Champmêlé vanté la voix aimable ,

Ses accents amoureux et ses sons affétés,

Écho des fades airs que Lambert c a notés :

Tu nétais pas alors ; on ne pouvait connaîtreCet art qui nest quà toi, cet art que tu fais naître.

Corneille, des Romains peintre majestueux,

Taurait vue aussi noble , aussi Romaine queux.

Le ciel, pour échauffer les glaces de mon âge,

Le ciel me réservait ce flatteur avantage :

Je ne suis point surpris quun sort capricieuxAit pu mêler quelque ombre à tes jours glorieux.

Lâme qui sait penser nen est point étonnée ;

Elle sen affermit, loin dêtre consternée :

Cest le creuset du sage ; et son or altéréEn renaît plus brillant, en sort plus épuré.

En tout temps, en tout lieu, le public est injuste ;Horace sen plaignait sous lempire dAuguste.

La malice , lorgueil, un indigne désirDabaisser des talents qui font notre plaisir,

De flétrir les beaux-arts qui consolent la vie ,

Voilà le cœur de lhomme; il est pour lenvie.

A lÉglise, au barreau, dans les camps , dans les cours,Il est, il fut ingrat, et le sera toujours.

Du siècle que jai vu 1 tu sais quelle est la gloire :

Ce siècle des talents vivra dans la mémoire.

Mais vois à quels dégoûts le sort abandonnaLauteur d 'Iphigénie et celui de Cirma ;

Ce quessuya Quinault, ce que souffrit Molière ;

Fénelon dans lexil terminant sa carrière ;

Arnauld , qui dut jouir du destin le plus beau,

Arnauld manquant dasile, et même de tombeau.

Siècle de Louis XIV.