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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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EPÎTRES.

2SS

De lâge nous vivons que pouvons-nous attendre?

La lumière, il est vrai, commence à se répandre ;

Avec moins de talents on est plus éclairé :

Mais le goût sest perdu, lesprit sest égaré.

Ce siècle ridicule est celui des brochures,

Des chansons, des extraits, et surtout des injures.

La barbarie approche : Apollon indignéQuitte les bords heureux ses lois ont régné ;

Et, fuyant à regret son parterre et ses loges,il tel po mène avec toi fuit chez les Allobroges 1 .

1 Mademoiselle Clairon venait de quitter le théâtre, et avait été pas-ser quelque temps à Ferney. K.

NOTES.

» La foi, en poésie, signifie la bonne foi ( 1765 ).b La Fontaine, dans son prologue de Belphégor , dédié à mademoi-selle Champmèlé, fameuse actrice pour son temps. La déclamation étaitalors une espèce de chant. La Motte a fait des stances pour mademoi-selle Duclos, daos lesquelles il la loue dimiter la Champmèlé : et nilune ni lautre ne devaient être imitées. On est tombé depuis dans unautre défaut beaucoup plus grand : cest un familier excessif et ridicule,qui donne à un héros le ton dun bourgeois. Le naturel dans la tragédiedoit toujours se ressentir de la grandeur du sujet, et ne savilir jamaispar la familiarité. Baron, qui avait un jeu si naturel et si vrai, netomba jamais dans cette bassesse (1765).

c Lambert, auteur de quelques airs insipides, très-célèbre avant Lulli(1765).

A HENRI IV,

Sur ce quon avait écrit à lauteur que plusieurs citoyens de Paris sé-taient mis à genoux devant la statue équestre de ce prince pendant lamaladie du Dauphin 1 .

1766 .

Intrépide soldat, vrai chevalier, grand homme,

Bon roi, iidèle ami, tendre et loyal amant,

Toi que lEurope a plaint davoir fléchi sous Rome,

' Le Dauphin, père de Louis XVI, Louis XVIII, et Charles X, estmort le 20 décembre 1765 .