EPÎTBËS.
Sans qu’on osât blâmer ce triste abaissement,
Henri, tous les Français adorent ta mémoire :
Ton nom devient plus cher et plus grand chaque jourEt peut-être autrefois quand j’ai chanté ta gloireJe n’ai point dans les cœurs affaibli tant d’amour.
Un des beaux rejetons de ta race chérie,
Des marches de ton trône au tombeau descendu.
Te porte, en expirant, les vœux de ta patrie,
Et les gémissements de ton peuple éperdu.
Lorsque la Mort sur lui levait sa faux tranchante,On vit de citoyens une foule tremblanteEntourer ta statue et la baigner de pleurs ;
C’était là leur autel, et, dans tous nos malheurs,
On t’implore aujourd’hui comme un dieu tutélaire.La fille qui naquit aux chaumes de Nanterre,Pieusement célèbre en des temps ténébreux,N’entend point nos regrets, n’exauce point nos vœuxDe l’empire français n’est point la protectrice.
Cest toi, c’est ta valeur, ta bonté, ta justice,
Qui préside à l’État raffermi par tes mains.
Ce n’est qu’en t’imitant qu’on a des jours prospères ;C’est l’encens qu’on te doit : les Grecs et les RomainsInvoquaient des héros, et non pas des bergères.
Oh ! si de mes déserts, où j’achève mes jours,
Je m’étais fait entendre au fond du sombre empire !
Si, comme au temps d’Orphée, un enfant de la lyreDe l’ordre des destins interrompait le cours !
Si ma voix... ! Mais tout cède à leur arrêt suprême :Ni nos chants, ni nos cris, ni l’art et ses secours ,Les offrandes, les vœux, les autels , ni toi-même,Rien ne suspend la mort. Ce monde illimitéEst l’esclave éternel de la fatalité.
A d’immuables lois Dieu soumit la nature.
Sur ces monts entassés, séjour de la froidure,