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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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296 EPÎTUES.

Je laissai mon vaisseau fendre le sein de londe,Et je restai dans ma maison.

NOTES.

a Une compagnie de Nantes venait de mettre en mer un beau vatsseaquelle a nommé U Voltaire (1768).b M. le comte dAxanda (1768).

A BOILEAU,

OU MON TESTAMENT.

17G9.

Boileau, correct auteur de quelques bons écrits ,Zoïle de Quinault, et flatteur de Louis,

Mais oracle du goût dans cet art difficile ségayait Horace, travaillait Virgile,

Dans la cour du Palais je naquis ton voisin :

De ton siècle brillant mes yeux virent la fm ;

Siècle de grands talents bien plus que de lumière,Dont Corneille, en bronchant, sut ouvrir la carrière.Je vis le jardinier de ta maison dAuteuil,

Qui chez toi, pour rimer, planta le ehèvre-feml a .Chez ton neveu Dongois b je passai mon enfance ;

Bon bourgeois qui se crut un homme dimportance.Je veux técrire un mot sur tes sots ennemis,

A lhôtel Rambouillet 0 contre toi réunis,

Qui voulaient, pour loyer de tes rimes sincères ,Couronné de lauriers tenvoyer aux galères.

Ces petits beaux esprits craignaient la vérité,

Et du sel de tes vers la piquante àcreté.

Louis avait du goût, Louis aimait la gloire :

Il voulut que ta muse assurât sa mémoire ;

Et, satirique heureux , par ton prince avoué,

Tu pus censurer tout, pourvu quil fût loué.

Bientôt les courtisans, cos singes de leur maître ,