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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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Él'ÎTHES.

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Surent tes vers par cœur, et crurent s'y connaître.

On admira dans toi jusquau style un peu durDont tu défiguras le v;inqueur de Namur,

Et sur lamour de Dieu ta triste psalmodie,

Du haineux janséniste en son temps applaudie ;

Et lÉquivoque même, enfant plus ténébreux,

Dun père sans vigueur avorton malheureux.

Des muses dans ce temps, au pied du trône assises,

On aimait les talents, on passait les sottises.

Un maudit Écossais, chassé de son pays,

Vint changer tout en France, et gâta nos esprits.LEspoir trompeur et vain, lAvarice au teint blême,Sous labbé Terrasson' 1 calculant son système,Répandaient à grands flots leurs papiers imposteurs,Vidaient nos coffres-forts, et corrompaient nos mœurs ;Plus de goût, plus desprit : la sombre arithmétiqueSuccéda dans Paris à ton art poétique.

Le duc et le prélat, le guerrier, le docteur,

Lisaient pour tous écrits des billets au porteur.

On passa du Permesse au rivage du Gange,

Et le sacré vallon fut la place du change.

Le ciel nous envoya, dans ces temps corrompus,

Le sage et doux pasteur des brebis de Fréjus,Économe sensé, renfermé dans lui-même,

Et qui naffecta rien que le pouvoir suprême.

La France était blessée : il laissa ce grand corpsReprendre un nouveau sang , raffermir ses ressorts,

Se rétablir lui-même en vivant de régime.

Mais si Fleury fut sage, il neut rien de sublime ;

Il fut loin dimiter la grandeur des Colberts :

Il négbgeait les arts, il aimait peu les vers.

Pardon si contre moi son ombre sen irrite,

Mais il fut en secret jaloux de tout mérite.

Je lai vu refuser, poliment inhumain,

Une place à Racine 6 , à Crébillon du pain.