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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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ÉPÎTKES.

Tout empira depuis. Deux partis fanatiques,

De la droite raison rivaux évangéliques ,

Et des dons de lesprit dévots persécuteurs,

Sacharnaient à lenvi sur les pauvres auteurs.

Du faubourg Saint-Médard les dogues aboyèrent,

Et les renards dIgnaee avec eux se glissèrent.

Jai vu ces factions, semblables aux brigandsRassemblés dans un bois pour voler les passants ;

Et, combattant entre eux pour diviser leur proie,

De leur guerre intestine ils mont donné la joie.

Jai vu lun des partis de mon pays chassé,

Maudit comme les Juifs, et comme eux dispersé ;

Lautre, plus méprisé, tombant dans la poussièreAvec Guyon f , Fréron, Nonotte, et Sorinière.

Mais parmi ces faquins lun sur lautre expirants,

Au milieu des billets exigés des mourants,

Dans cet amas confus dopprobre et de misère,

Qui distingue mon siècle et fait son caractère,

Quels chants pouvaient former les enfants des neuf SœursSous un ciel orageux, dans ces temps destructeurs,

Des chantres de nos bois les voix sont étouffées :

Au siècle des Midas on ne voit point dOrphées.

Tel qui dans lart décrire eût pu te défier,

Va compter dix pour cent chez Rabot le banquier :

De dépit et de honte il a brisé sa lyre.

Ce temps est, réponds-tu, très-bon pour la satire.

Mais quoi ! puis-je en mes vers, aiguisant un bon mot,Affliger sans raison lamour-propre dun sot ;

Des Cotins de mon temps poursuivre la racaille,

Et railler un Coger dont tout Paris se raille ?

Non, ma muse mappelle à de plus hauts emplois.

A chanter la vertu jai consacré ma voix.

Vainqueur des préjugés que limbécile encense,

Jose aux persécuteurs prêcher la tolérance ;

Je dis au riche avare : « Assiste lindigent ; »