F.J>ÎTRES.
Au ministre des lois : « Protège l’innocent ; »
Au docteur tonsuré : « Sois humble et charitable,
Et garde-toi surtout de damner ton semblable. »Malgré soixante hivers, escortés de seize ans s,
Je fais au monde encore entendre mes accents.
Du fond de mes déserts, aux malheureux propice,PourSirven 11 opprimé je demande justice :
Je l’obtiendrai sans doute; et cette même main,
Qui ranima la veuve et vengea l’orphelin,
Soutiendra jusqu’au bout la famille éploréeQu’un vil juge a proscrite, et non déshonorée.
Ainsi je fais trembler, dans mes derniers moments,Et les pédants jaloux , et les petits tyrans.
J’oge agir sans rien craindre, ainsi que j’ose écrire.Je fais le bien que j’aime, et voilà ma satire.
Je vous ai confondus, vils calomniateurs,Détestables cagots, infâmes délateurs ;
Je vais mourir content. Le siècle qui doit naîtreDe vos traits empestés me vengera peut-être.
Oui, déjà Saint-Lambert ', en bravant vos clameurs,Sur ma tombe qui s’ouvre a répandu des fleurs ;
Aux sons harmonieux de son luth noble et tendre,Mes mânes consolés chez les morts vont descendre.Nous nous verrons, Boileau : tu me présenterasChapelain, Scudéri, Perrin, Pradon, Coras.
Je pourrais t’amener, enchaînés sur mes traces,
Nos Zoïles honteux, successeurs des Garasses k .Minos entre eux et moi va bientôt prononcer :
Des serpents d’Alecton nous les verrons fesser :
Mais je veux avec toi baiser dans l’ÉlyséeLa main qui nous peignit l’épouse de Thésée.J’embrasserai Quinault, en dusses-tu crever ;
Et si ton goût sévère a pu désapprouverDu brillant Torquato le séduisant ouvrage,
Entre Homère et Virgile il aura mon hommage.Tandis que j’ai vécu, Ton m’a vu hautement
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