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ÉPÎTItES.
Aux badauds effarés dire mon sentiment;
Je veux le dire encor dans ces royaumes sombres :
S’ils ont des préjugés, j’en guérirai les ombres.
A table avec Vendôme, et Chapelle, et Chaulieu,
M'enivrant du nectar qu’on boit en ce beau lieu,
Secondé de Ninon, dont je fus légataire,
J’adoucirai les traits de ton humeur austère.
Partons : dépêche-toi, curé de mon hameau,
Viens de ton eau bénite asperger mon caveau.
NOTES.
a Antoine, gouverneur de mon jardin d’A uteuii,
Qui diriges chez moi l’if et le chèvre-fenil.
La maison était fort vilaine , et le jardin aussi ( 1769).
b Boileau a dit quelque part : M. üongois , mon illustre neveu. C’étaitun greffier du parlement, qui dcmeurail dans la cour du Palais avectoute la famille de Boileau ( 1771 ).
c L’hôtel Rambouillet se déchaîna tongtemps contre Boileau, qui avaitaccablé, dans ses satires, Chapelain, très-estimé et recherché dans cettemaison, mauvais poète, à la vérité, mais homme fort savant, et, ce quiest étonnant, bon critique; Colin, non moins plat poêle, et déplusplat prédicateur, mais homme de lettres, et aimable dans la société ; d’au-tres encore, dont aucun ne lui avait donné le moindre sujet de plainte.11 n’en est pas de môme de notre auteur : il n’a jamais rendu ridiculesque ceux qui l’ont attaqué; et en cela il a très-bien fait, et nous l’ex-hortons à continuer ( 1773).
d L’abbé Terrasson, traducteur de Diodore de Sicile, philosophe et sa-vant, mais entêté du système de Law. II fit imprimer, le 2i juin 1720,une brochure dans laquelle il démontrait que les billets de banque étaientfort préférables à l’argent, parce que le billet avait un prix invariable.Les colporteurs qui débitaient sa brochure criaient en même temps unarrêt qui réduisait les billets à moitié. Il fut ruiné par ce système même,qu’il avait tant prêché. Ce fut lui qui, dans le temps où l’on rembour-sait en papier toutes les rentes, proposa à Law de rembourser la religioncatholique. Law lui répondit que l’Église n’était pas si sotte, et qu’il luifallait de l’argent comptant ( 1773).
* Louis Racine, fils du grand Racine ( 1773 ).
f Guyon, auteur de plusieurs livres, comme de VOracle des philoso-phes. Fréron est connu ; Nonolte est, ainsi que Fréron, un ex-jésuite etun folliculaire; Sorinière, nous ne savons quel est cet auteur ( 1773).
g L’auteur aurait dû dire dix sept, mais apparemment dix-sept auraitgâté le vers (1773).
b Sirven est cet homme si innocent et si connu dont M. de Voltaireprit la défense. Les juges l’avaient condamné lui et sa femme au derniersupplice. Le procureur fiscal de celte juridiction, nommé Trinquet,