ÉPÎTBES.
Collé dans ses refrains les tourne en ridicule.
Les voilà bien payés d’apporter un trésor !
Tout mon étonnement est de les voir encor.
Le roi, me diras-tu, de la zone cimbrique m,Accompagné partout de l’estime publique,
Vit Paris sans rien craindre, et régna sur les cœursOn respecta son nom comme on chérit ses mœurs.
Oui; mais cet heureux roi, qu’on aime et qu’on révère,Se connaît en bons vers, et se garde d’en faire.
Nous ne les aimons plus ; notre goût s’est usé :
Boileau, craint de son siècle, au nôtre est méprisé.
Le tragique, étonné de sa métamorphose,
Fatigué de rimer, va ne pleurer qu’en prose.
De Molière oublié le sel s’est affadi.
En vain, pour ranimer le Parnasse engourdi,
Du peintre des Saisons “ la main féconde et pureDes plus brillantes fleurs a paré la nature ;
Vainement, de Virgile élégant traducteur,
Delille a quelquefois égalé son auteur ° :
D’un siècle dégoûté la démence imbécilePréfère les remparts et Waux-hall à Virgile.
On verrait Cicéron sifflé dans le Palais.
Le léger vaudeville et les petits coupletsMaintiennent notre gloire à l’Opéra-comique ;
Tout le reste est passé, le sublime est gothique.
N’expose point ta muse à ce peuple inconstant.
Les Frérons te loueraient pour quelque argent comptantMais tu serais peu lu, malgré tout ton génie,
Des gens qu’on nomme ici la bonne compagnie.
Pour réussir en France il faut prendre son temps.
Tu seras bien reçu de quelques grands savants,
Qui pensent qu’à Pékin tout monarque est athée f,
Et que la compagnie autrefois tant vantéeEn disant à la Chine un éternel adieu,
Vous a permis à tous de renoncer à Dieu.