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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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ÉPÎTRES.

Mais, sans approfondir ce qu’un Chinois doit croire,Séguier s t’affublerait d’un beau réquisitoire ;

La cour pourrait te faire un fort mauvais parti,

Et blâmer, par arrêt, tes vers et ton Changti.

La Sorbonne, en latin, mais non sans solécismes,Soutiendra que ta muse a besoin d’exorcismes ;

Qu’il n’est de gens de bien que nous et nos amis ;

Que l’enfer, grâce à Dieu, t’est pour jamais promis.Dispensateurs fourrés de la vie éternelle,

Ils ont rôti Trajan et bouilli Marc-Aurèle.

Ils t’en feront autant, et, partout condamné,

Tu ne seras venu que pour être damné.

Le monde en factions dès longtemps se partageTout peuple a sa folie ainsi que son usage :

Ici les Ottomans, bien sûrs que l’ÉtemelJadis à Mahomet députa Gabriel,

Vont se laver le coude aux bassins des mosquées r ;

Plus loin, du grand lama les reliques musquées'Passent de son derrière au cou des plus grands rois.

Quand la troupe écarlate à Rome a fait un choix,L’élu, fût-il un sot, est dès lors infaillible.

Dans l’Inde le Veidam, et dans Londres la Bible ',

A l’hôpital des fous ont logé plus d’espritsQue Grisel u n’a trouvé de dupes à Paris.

Monarque, au nez camus, des fertiles rivagesPeuplés, à ce qu’on dit, de fripons et de sages,

Règne en paix, fais des vers, et goûte de beaux jours ;Tandis que, sans argent, sans amis, sans secours,

Le Mogol est errant dans l’Inde ensanglantée,

Que d’orages nouveaux la Perse est agitée,

Qu’une pipe à la main, sur un large sofaMollement étendu , le pesant MoustaphaVoit le Russe entasser des victoires nouvellesDes rives de l’Araxe au bord des Dardanelles,

Et qu’un bacha du Caire à sa place est assis