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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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NOTES.

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Le respect pour lantique et pour le difficile se montre ici dans toutson faste et dans toute sa misère. Ou voit pourquoi les Chinois, quisont peut-être le premier des peuples policés pour la morale, sontle dernier dans les sciences, et que leur ignorance est égale à leurfierté.

Le poëme de l'empereur Rien-Long a plus dun mérite, soit dans lesujet, qui est léloge de ses ancêtres , et la piété filiale semble natu-relle; soit dans les descriptions, instructives pour nous , de la ville deMoukden,et des animaux, des plantes de cette vaste province; soitdans la clarté du style, perfection si rare parmi nous. 11 est encore àcroire que lauteur parle purement : cest un avantage qui manque aplus dun de nos poètes.

Ce qui est surtout très remarquable, cest le respect dont cet empereurparait être pénétré pour lÊtre suprême. On doit peser ces paroles «à lapage 103 de la traduction : « Un tel pays , de tels hommes ne pouvaient« manquer dattirer sur eux des regards de prédilection de la part du« souverain maître qui règne dans le plus haut des cieux. » Voilà biende quoi confondre à jamais tous ceux qui ont imprimé dans tant de li-vres que le gouvernement chinois est athée. Comment nos théologiensdétracteurs ont-ils pu accorder les sacrifices solennels avec lathéisme?Nétait-ce pas assez de se contredire continuellement dans leurs opinions ?fallait-il se contredire encore pour calomnier dautres hommes au boutde lhémisphère?

Il est triste que lempereur Rien-Long, auteur dailleurs fort modeste',dise quil descend dune vierge qui devint grosse par la faveur du ciel,après avoir mangé dun fruit rouge. Cela fait un peu de tort à la sagessede lempereur et à celle de son ouvrage. Il est vrai que cest une anciennetradition de sa famille ; il est encore vrai quon en avait dit autant de lamère de Gengis.

Une chose qui fait plus dhonneur à Rien-Long, cest lextrême con-sidération quil montre pour lagriculture, et son amour pour la fru-galité.

Noublions pas que, tout originaire quil est de laTartarie, il rendhommage à lantiquité incontestable de la nation chinoise. Il est bienloin de réver que les Chinois sont une colonie dÉgypte : les Égyptiens,dans le temps même de leurs hiéroglyphes, eurent un alphabet, et lesChinois nen ont jamais eu ; les Égyptiens eurent douze signes du zodia-que empruntés mal à propos des Chaldéens, et les Chinois en eurenttoujours vingt-huit : tout est différent entre ces deux peuples. Le P. Pa-rennin réfuta pleinement cette imagination, il y a quelques années, dansses Lettres à M. de Mairan ( 1771 ).

b Ce passage na guère besoin de commentaire. On sait assez quellepeine la sagesse du roi très-chrétien et du ministère a eue à calmer toutesces querelles, aussi odieuses que ridicules. Elles ont été poussées jusquàrefuser la sépulture aux morts. Ces horribles extravagances sont certai-nement inconnues à la Chine, nous avons pourtant eu la hardiessedenvoyer des missionnaires ( 1771 ).

c Probablement lauteur donne lépithète de sales aux imprimeurs,parce que leurs mains sont toujours noircies dencre. Les Estienne etles Plantin étaient des imprimeurs très-savants et très-corrects, tels quilsen trouve aujourdhui rarement ( 1771 ).