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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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ÉPÎTRES.

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Tout languit comme à Rome, depuis huit cents ans dLe tranquille esclavage écrasa les talents.

Tune veux pas, grand roi, dans ta juste indulgence,Que cette liberté dégénère en licence ;

Et cest aussi le vœu de tous les gens sensés :

A conserver les mœurs ils sont intéressés ;

Dun écrivain pervers ils font toujours justice.

Tous ces libelles vains dictés par lAvarice,

Enfants de lImpudence, élevés chez Marteau »,

Y trouvent en naissant un éternel tombeau.

Que dans lEurope entière on me montre un libelleQui ne soit pas couvert dune honte étemelle,

Ou quun oubli profond ne retienne engloutiDans le fond du bourbier dont il était sorti.

On punit quelquefois et la plume et la langue,

Dun ligueur turbulent la dévote harangue,

Dun Guignard , dun Bourgoin f , les horribles sermons,Au nom de Jésus-Christ prêehés par des démons.

Mais quoi ! si quelque main dans le sang sest trempée,Vous est-il défendu de porter une épée ?

En coupables propos si lon peut sexhaler,

Doit-on faire une loi de ne jamais parler?

En cuistre en son taudis compose une satire,

En ai-je moins le droit de penser et décrire?

Quon punisse labus ; mais lusage est permis.

De lauguste raison les sombres ennemisSe plaignent quelquefois de linventeur utileQui fondit en métal un alphabet mobile,

Larrangea sous la presse, et sut multiplierTout ce que notre esprit peut transmettre au papier.

« Cet art, disait Boyer s, a troublé des familles,

H a trop raffiné les garçons et les filles. »

le le veux ; mais aussi quels biens na-t-il pas faits ?

Tout peuple, excepté Rome, a senti ses bienfaits.