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PBECIS
Calmet même, en adoptant le sens dans lequel saint Jérôme entend,ces paroles, ne craint point de les expliquer par ce demi-vers d’Ovide :
.Si qua latent, meliora putat.
Metam., I, 502.
Calmet était comptable aux savants des diverses traductions de cespassages. Il devait rappeler les usages anciens de l’Orient. Il n’écri-vait ni pour les mauvais plaisants, ni pour les insolents pédants denos jours; mais le devoir d’un commentateur et celui d’un poète nesont pas les mêmes. J’imite, je rédige, et je ne commente pas. J’aidû retrancher ces images qui autrefois n’étaient que naïves, et peu ventaujourd’hui paraître trop hardies.
Je n’ai donc rendu que les idées tendres ; j’ai supprimé celles quivont plus loin que la tendresse, et qui peuvent paraîtretrop physiques ;de même que j’ai adouci, dans l’Ecclésiaste, ce qui pouvait paraîtred’une métaphysique trop dure. Ceux qui me reprochent d’avoir sup-primé les choses hardies n’ont pas fait assez d’attention au tempsprésent ; et ceux qui me reprochent d’avoir fidèlement exprimé lesautres n’ont aucune connaissance des temps passés.
En un mot, l’esprit du texte est entièrement conservé dans monouvrage. C’est ainsi que les princes de l’Église de Rome en ont jugé ;et leur approbation a un peu plus de poids que les censures de quel-ques laïques qui n’entendent ni l’hébreu ni le grec, qui savent trèspeu de latin, parlent très mal français, et se mêlent toujours de direleur avis sur ce qui ne les regarde point.
PRÉCIS DU CANTIQUE DES CANTIQUES.
hXTER LOCUTEURS.
LE CHATON , LA SULAMITE ,LES COMPAGNES DE LA SULAMITE.(Les amis du Chaton ne parlent pas.)
LE CHATON.
Que les baisers ravissants aDe ta bouche demi-closeOnt enivré tous mes sens!