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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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NOTES.

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Le village est plus tranquille,

Et la nature et lamourLont choisi pour leur asile.

NOTES.

a Texte : Quil me baise, ou Quelle me baise de baisers de sa bouche;car vos mamelles sontmeilleures que le vin ; elles ont lodeur du meilleurbaume, et votre nom est une huile répandue.

Remarque : Quoique plusieurs grands personnages aient cru que cétaitlaSulamite qui parlait dans ces deux premiers versets, cependant, commeil sagitde mamelles, il a paru plus convenable de mettre ces paroles dansla bouche du Chaton. De plus, la comparaison des mamelles avec les grap-pes de raisin et avec du vin se trouve plusieurs fois dans le Cantique,et cest toujours le Chaton qui parle. Les hébraïsants disent que le termequi répond à mamelle est dune beauté énergique en hébreu. Ce mot napas en français la même grâce ; tétons est trop peu grave, sein est tropvague. Les savants croient quil est diflicile datteindre à la beauté dela langue hébraïque.

b Texte : Mon amie, je te compare aux chevaux attelés au char dePharaon. A.h, que vous êtes belle! vos yeux sont comme des yeux decolombe.

Je suis noire, mais je suis belle comme les tabernacles de Cédar, etcomme les pelisses de Salomon... Ne considérez pas que je suis trop brune,car cest le soleil qui ma halée. Mes parents mont fait garder les vignes :hélas ! je nai pu garder ma propre vigne.

Remarque : Ces paroles semblent prouver que la Sulamite est une ber-gère, une villageoise qui dit naïvement quelle se croit belle comme lestapisseries du roi, et que par conséquent ce cantique nest pas lépitha-lame de Salomon et dune fille du roi dÉgypte, comme dillustres com-mentateurs lont dit. Les princesses égyptiennes nétaient pas noires, etne gardaient pas les vignes.

c Texte : Si tu ne te connais pas, la plus belle des femmes, va paîtretes moutons et tes chevreaux... Il y a soixante reines, quatre-vingts con-cubines , et de jeunes lilles sans nombre. Tu es seule ma colombe, maparfaite. Les reines et les concubines tont admirée.

Remarque : Ces soixante reines et ces quatre-vingts concubines on faitpenser à plusieurs commentateurs que ce nest pas Salomon qui composace cantique, puisque Salomon avait sept cents femmes et trois cents con-cubines, selon le texte sacré. Peut-être navait-il alors que soixante fem-mes. Il se peut aussi que lauteur parle ici dun autre roi que Salomon.Les commentateurs qui ne croient pas que le Cantique des Cantique soitde ce roi juif, prétenden t quil nest guère vraisemblable que Salomondise à sa bien-aimée, « Tu es plus belle que toutes les maitresses du« roi. » Cest une expression qui semble convenir aux hommes dun ordreinférieur, comme il est dusage parmi nous dappeler une femme mareine; cependant il est tout aussi naturel que Salomon dise à sa nouvellefemme, « Tu es plus belle que toutes mes femmes et mes mailresses. »>