NOTES.
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Le village est plus tranquille,
Et la nature et l’amourL’ont choisi pour leur asile.
NOTES.
a Texte : Qu’il me baise, ou Qu’elle me baise de baisers de sa bouche;car vos mamelles sontmeilleures que le vin ; elles ont l’odeur du meilleurbaume, et votre nom est une huile répandue.
Remarque : Quoique plusieurs grands personnages aient cru que c’étaitlaSulamite qui parlait dans ces deux premiers versets, cependant, commeil s’agitde mamelles, il a paru plus convenable de mettre ces paroles dansla bouche du Chaton. De plus, la comparaison des mamelles avec les grap-pes de raisin et avec du vin se trouve plusieurs fois dans le Cantique,et c’est toujours le Chaton qui parle. Les hébraïsants disent que le termequi répond à mamelle est d’une beauté énergique en hébreu. Ce mot n’apas en français la même grâce ; tétons est trop peu grave’, sein est tropvague. Les savants croient qu’il est diflicile d’atteindre à la beauté dela langue hébraïque.
b Texte : Mon amie, je te compare aux chevaux attelés au char dePharaon. A.h, que vous êtes belle! vos yeux sont comme des yeux decolombe.
Je suis noire, mais je suis belle comme les tabernacles de Cédar, etcomme les pelisses de Salomon... Ne considérez pas que je suis trop brune,car c’est le soleil qui m’a halée. Mes parents m’ont fait garder les vignes :hélas ! je n’ai pu garder ma propre vigne.
Remarque : Ces paroles semblent prouver que la Sulamite est une ber-gère, une villageoise qui dit naïvement qu’elle se croit belle comme lestapisseries du roi, et que par conséquent ce cantique n’est pas l’épitha-lame de Salomon et d’une fille du roi d’Égypte, comme d’illustres com-mentateurs l’ont dit. Les princesses égyptiennes n’étaient pas noires, etne gardaient pas les vignes.
c Texte : Si tu ne te connais pas, la plus belle des femmes, va paîtretes moutons et tes chevreaux... Il y a soixante reines, quatre-vingts con-cubines , et de jeunes lilles sans nombre. Tu es seule ma colombe, maparfaite. Les reines et les concubines t’ont admirée.
Remarque : Ces soixante reines et ces quatre-vingts concubines on faitpenser à plusieurs commentateurs que ce n’est pas Salomon qui composace cantique, puisque Salomon avait sept cents femmes et trois cents con-cubines, selon le texte sacré. Peut-être n’avait-il alors que soixante fem-mes. Il se peut aussi que l’auteur parle ici d’un autre roi que Salomon.Les commentateurs qui ne croient pas que le Cantique des Cantique soitde ce roi juif, prétenden t qu’il n’est guère vraisemblable que Salomondise à sa bien-aimée, « Tu es plus belle que toutes les maitresses du« roi. » C’est une expression qui semble convenir aux hommes d’un ordreinférieur, comme il est d’usage parmi nous d’appeler une femme mareine; cependant il est tout aussi naturel que Salomon dise à sa nouvellefemme, « Tu es plus belle que toutes mes femmes et mes mailresses. »>