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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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ET IMITATIONS.

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Modère ta valeur; cest assez décarterCet Hector insolent qui nous ose insulter ;

Cest assez darracher aux flammes, au pillage,

Nos vaisseaux exposés sur cet affreux rivage.

Puissent ces fils de Tros, et ces Grecs odieux ,

Ces communs ennemis, en horreur à mes yeux,Ségorger lun par lautre, et tomber nos victimes !Que leur sang détestable efface enfin leurs crimes !Quil ne reste que nous pour détruire à jamaisLes lieux quils ont souillés dopprobre et de forfaits ! »Tandis que , dune voix si terrible et si fière,

Achille à sa pitié mêlait tant de colère ,

Ajax versait son sang. Ce fils de Télamon,

Défenseur de la Grèce et terreur dIlion,

Combattait une armée, Hector, et les dieux mêmes.

Sa force défaillit ; ses périls sont extrêmes :

Limmense bouclier dont le poids le défendVa bientôt échapper à son bras languissant.

O Muse! apprenez-moi ; Muse üère et sensible,

Qui gardez de nos maux la mémoire terrible,

Dites aux nations quel mortel ou quel dieu ,

Lançant avec la mort et le fer et le feu,

Sur les vaisseaux des Grecs apporta lincendie.

Cest le fils de Priam ; cest cette main hardieQui, dun glaive tranchant, fit tomber en éclatsLa lance dont Ajax armait encor son bras :

Apollon dirigeait un coup si redoutable.

Ajax périra-t-il sous le dieu qui laccable?

11 a trop reconnu quil ne peut résisterA ce dieu qui sobstine à le persécuter ;

Il pâlit, il succombe, il cède, il se retire.

Les Troyensacharnés, que son absence attire,Lancent sur les vaisseaux des brandons allumés.Quelles voiles, quels bois, sont déjà consumés?