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TRADUCTIONS
C’est le vaisseau d’Ajax : il périt à sa vue ;
La flamme en tourbillons monte et fuit dans la nue.Achille en est témoin ; il se frappe les flancs ;
Il s’écrie : « Arme-toi, cher Patrocle, il est temps ;Va combattre, et sauver la flotte menacée. »
De Patrocle déjà la valeur empresséeDu bouclier d’Achille avait chargé son bras ;
Il essayait sa lance, et ne s’en servit pas :
Le seul fils de Thétis en pouvait faire usage.
Mais il saisit le glaive, instrument du carnage,
Dont l’argent le plus pur est le simple ornement.
Il a couvert son front du casque étincelantDont le flottant panache inspirait l’épouvante ;
Sa poitrine soutient la cuirasse pesante ;
Deux puissants javelots brillaient entre ses mains,Tout prêts à se plonger dans le sang des humains.
Le brave Automédon, digne écuyer d’Achille,Déjà d’une main prompte, et ferme autant qu’habile,Attelait du héros les coursiers écumants,
Des amours du Zéphyre impétueux enfants ;
Ils prouvent leur naissance, et leur course légèreDans les champs des combats a devancé leur père.Patrocle impatient sur le char est monté.
Enfin , maître de soi, quoique encore irrité,
A ses Thessaliens Achille se présente.
Sur cinquante vaisseaux aux rivages du XanteIl les avait conduits pour venger Ménélas :
Trop longtemps en ces lieux il enchaîna leurs bras.
Cinq héros commandaient leur troupe partagée.Sous le fier Ménestus la première est rangée ;Ménestus est le fils d’un des dieux ignorésQu’aux champs thessaliens le temps a consacrés,
Et qui sut captiver la belle Polydore.
La seconde phalange est sous les lois d’Eudore,