ET IMITATIONS.
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Héros que Polymèle, hélas ! a mis au jourQuand le flatteur Mercure eut trompé son amour.Phénix, de qui la Grèce a vanté la prudence,
Qui du fils de Pélée a gouverné l’enfance,
Conduisait aux combats un autre bataillon.
Les derniers ont suivi Pisandre, Alcimédon,
Alcimédon, parent du dangereux Ulysse.
Non loin de ses vaisseaux, dans une vaste lice,
Achille les rassemblent leur parle en ces mots :
« Assez et trop longtemps mon funeste repos,
Braves Thessaliens , excita vos murmures.
Du lier Agamemnon l’outrage et les injures,
Mes affronts, mes malheurs, ne vous ont point touchés ;Ma vengeance est un droit que vous me reprochez.
Vous me disiez toujours : Impitoyable Achille,
Jusqu’à quand rendrez-vous la valeur inutile ?
Aux vallons de Tempé renvoyez vos soldats,
Si votre dureté les tient loin des combats,
Si vous leur défendez de servir la patrie.
Eh bien ! vous le voulez ? j’entends la voix qui crie,
Aux armes ! aux assauts ! aux périls ! à la mort !
Vous l’emportez : marchez ; je me rends sans effort .Marchez avecPatrocle, et laissez votre maîtreDévorer ses chagrins, qu’il combattra peut-être :
Ma main ne peut servir l’indigne roi des rois. »
Ses guerriers cependant se pressent à sa voix ;
Tout obstiné qu’il est, lui-même il les arrange.
En bataillons serrés il unit sa phalange ;
Les soldats aux soldats paraissent s’appuyer ;
Le bouclier d’airain se joint au bouclier;
Le casque joint le casque ; une forêt mouvanteDe panaches brillants porte au loin l’épouvante.
Tel d’un vaste palais l’habile ordonnateurPar des marbres épais en soutient la hauteur,
Les unit l’un à l’autre ; et le superbe faîteS’élève inaccessible aux coups de la tempête.
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