ET IMITATIONS.
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Achille, accordez moi cette grâce funeste,lit laissez-moi jouir de ce spectacle affreux. »
Le héros, qu’attendrit ce discours douloureux,Aux larmes de Priam répondit par des larmes :
« Tous nos jours sont tissus de regrets et d’alarmes,Lui dit-il ; par mes mains les dieux vous ont frappé :Dans le malheur commun moi-même enveloppé,Mourant avant le temps loin des yeux de mon père,Je teindrai de mon sang cette terre étrangère.
J’ai vu tomber Patrocle, Hector me l’a ravi :
Vous perdez votre fils, et je perds un ami.
Tel est donc des humains le destin déplorable :
Dieu verse donc sur nous la coupe inépuisable,
La coupe des douleurs et des ealamités :
Il y mêle un moment de faibles voluptés ;
Mais c’est pour en aigrir la fatale amertume. »
HORACE.
Les torrents impétueux,
La mer qui gronde et s’élance,La fureur et l’insolenceD’un peuple tumultueux,
Des fiers tyrans la vengeance,N’ébranlent pas la constanceD’un cœur ferme et vertueux.
Sois le dieu des festins, le dieu de l’allégresse 1 ,
Que nos tables soient tes autels;
Préside à nos jeux solennels,
Comme Hercule aux jeux de la Grèce !
Seul tu fais les beaux jours : que tes jours soient sans fin !L’est ce que nous disons en revoyant l’aurore,