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Contes, satires, épîtres : poésies diverses, odes, stances, poésies mêlées, traductions et imitations / par Voltaire
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TRADUCTIONS

Ce quen nos douces nuits nous redisons encore,Entre les bras du dieu du vin.

Voyez les habitants de laffreuse Scythie,Qui vivent sur des chars :

Avec plus dinnocence ils consument leur vieQue le peuple de Mars.

Castor veut des chevaux, Pollux veut des lutteurs :Comment concilier tant de goûts, tant dhumeurs?

Lorsque lon vit Bacchus et linvincible Alcide,

Et Pollux, et Castor, et le grand Roinulus,

Secourir les humains par des soins assidus,

Venger sur les tyrans linnocence timide,

Réprimer les brigands, pardonner aux vaincus,Polir les nations dans lenceinte des villes,

Protéger les beaux-arts, donner des lois utiles,

Quel fut le prix des biens par leurs mains répandus ?Lhomme ingrat et méchant noircissait leurs vertus.Ils furent mordus tous par la dent de lEnvie,

On fit de ces héros cent contes odieux ;

On les persécuta tout le temps de leur vie :

Furent-ils enterrés, le monde en fit des dieux.

Rendons toujours justice au beau :Est-il laid pour être nouveau ?Pourquoi donner la préférenceAux méchants vers du temps jadis ?Cest en vain quils sont applaudis ;Ils nont droit quà notre indulgence.« I.es vieux livres sont des trésors, »Dit la sotte et maligne envie ;