433
TRADUCTIONS
Ce qu’en nos douces nuits nous redisons encore,Entre les bras du dieu du vin.
Voyez les habitants de l’affreuse Scythie,Qui vivent sur des chars :
Avec plus d’innocence ils consument leur vieQue le peuple de Mars.
Castor veut des chevaux, Pollux veut des lutteurs :Comment concilier tant de goûts, tant d’humeurs?
Lorsque l’on vit Bacchus et l’invincible Alcide,
Et Pollux, et Castor, et le grand Roinulus,
Secourir les humains par des soins assidus,
Venger sur les tyrans l’innocence timide,
Réprimer les brigands, pardonner aux vaincus,Polir les nations dans l’enceinte des villes,
Protéger les beaux-arts, donner des lois utiles,
Quel fut le prix des biens par leurs mains répandus ?L’homme ingrat et méchant noircissait leurs vertus.Ils furent mordus tous par la dent de l’Envie,
On fit de ces héros cent contes odieux ;
On les persécuta tout le temps de leur vie :
Furent-ils enterrés, le monde en fit des dieux.
Rendons toujours justice au beau :Est-il laid pour être nouveau ?Pourquoi donner la préférenceAux méchants vers du temps jadis ?C’est en vain qu’ils sont applaudis ;Ils n’ont droit qu’à notre indulgence.« I.es vieux livres sont des trésors, »Dit la sotte et maligne envie ;