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T R ADUCTIONS
VIRGILE.
Les astres de la nuit roulaient dans le silence ;
Éole a suspendu les haleines des vents ;
Tout se tait sur les eaux, dans les bois, dans les champs ;Fatigué des travaux qui vont bientôt renaître,
Le tranquille taureau s’endort avec son maître ;
Les malheureux humains ont oublié leurs maux ;
Tout dort, tout s’abandonne aux charmes du repos :Élise veille, et pleure.
Heureux qui peut sonder les lois de la nature,
Qui des vains préjugés foule aux pieds l’imposture,
Qui regarde en pitié le Styx et l’Achéron,
Et le triple Cerbère, et la barque à Caron !
L’univers étonné, que la terreur poursuit,Tremble de retomber dans l’étemelle nuit.
A d’éternels tourments je te vis condamnée,Superbe impiété du tyran Salmonée.
Rival de Jupiter, il crut lui ressembler ;
Il imita la foudre, et ne put l’égaler :
üe la foudre des dieux il fut frappé lui-même.
Là sont ces insensés qui, d’un bras téméraire,Ont cherché dans la mort un secours volontaire ;Qui n’ont pu supporter, faibles et furieux,
Le fardeau de la vie imposé par les dieux.
Hélas ! ils voudraient tous se rendre à la lumière,Recommencer cent fois leur pénible carrière :