ET IMITATIONS.
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Ils regrettent la vie, ils pleurent ; et le sort,
Le sort pour les punir les retient dans la mort :L’abîme du Cocyte, et l’Achéron terrible,
Met entre eux et la vie un obstacle invincible.
Les cœurs les plus parfaits, les âmes les plus pures,Sont aux regards des dieux tout chargés de souillures ;Il faut en arracher jusqu’au seul souvenir.
Nul ne fut innocent : il faut tous nous punir.
Chaque âme a son démon, chaque vice a sa peine;
Et dix siècles entiers nous suffisent à peinePour nous former un cœur qui soit digne des dieux.
WALLER.
ÉLOGE DE CROMWELL.
Il n’est plus ; c’en est fait : soumettons-nous au sort.
Le ciel a signalé ce jour par des tempêtes,
Et la voix du tonnerre, éclatant sur nos têtes,
Vient d’annoncer sa mort.
Par ses derniers soupirs il ébranle cette île,
Cette île que son bras fit trembler tant de fois ,
Quand, dans le cours de ses exploits,
Il brisait la tête des rois,
Et soumettait un peuple à son joug seul docile.
Mer, tu t’en es troublée : ô mer, tes flots émusSemblent dire en grondant, aux plus lointains rivages .Que l’effroi de la terre et ton maître n’est plus !
Tel au ciel autrefois s’envola Romulus ;
Tel il quitta la terre au milieu des orages ;
Tel d’un peuple guerrier il reçut les hommages :
Obéi dans sa vie, à sa mort adoré,
Son palais fut un temple, etc.