I NTRODUCT ION.
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le centre du grand mouvement qu’il méditait,il convoque un second concile à Clermont enAuvergne; c’est là qu’au milieu d’une fouleimmense, il décrète la guerre sainte. Dieu leveut! devint le mot d’ordre; une croix rougesur l’épaule ou sur la poitrine, le signe de ral-liement. Cette formule vague, mais impérieuse,ce signe sensible, marque de distinction pourles vrais fidèles, multiplièrent à l’infini le nom-bre des dupes, qui devinrent presque toutesautant de victimes.
Au premier coup-d’œil, les succès de Pierrel’ermite ont de quoi surprendre ; mais la sur-prise cesse quand on examine attentivementquel était à cette époque l’état de l’Europe. Ilétait tel, qu’une guerre éloignée, difficile, reli-gieuse, bien loin de contrarier les habitudes, lesopinions, les intérêts des différentes classes dela société, était pour toutes un besoin, ou dumoins un objet très-séduisant. Le fanatisme dePierre n’eût produit aucun effet dans un autresiècle. Il fut l’occasion, et non la cause descroisades ; et le feu de son zèle tomba au milieud’un amas de matières inflammables qui n’atten-daient qu’une étincelle pour s’embraser.
Une guerre dont la religion était l’objet, en-treprise au nom et par l’ordre du pape, favori-