CHAPITRE I.
167
eurent l’art de persuader aux villes de la Haute-Italie qu’ils ne travaillaient que pour leur li-berté , ou plutôt elles firent semblant de lecroire. Sous le règne orageux des Ilohenstauf-fen, les factions des Guelfes et des Gibelinspartagèrent toute l’Italie. Au milieu de ces di-visions, les villes se fortifièrent, s’étendirent,gagnèrent en population et en richesses. Ellesétaient toutes pour les Guelfes. Plus les qualitéspersonnelles des princes de la maison de Souabeles leur faisaient redouter, plus elles s’attachaientfortement à leurs adversaires. En sévissant contreMilan avec la plus grande rigueur, Frédéric 1crut les avoir abattues pour toujours; maisbientôt, faisant cause commune avec le papeAlexandre III, elles reparurent plus redouta-bles, et triomphèrent, entre Legnano etleTesin,de la puissance de Frédéric. Il fut obligé de dé-clarer, dans le traité de Constance, que les n83.villes de Crémone, Milan, Lodi, Bergame , Fer-rare, Brescia, Mantoue, Vérone, Vicence, Bo-logne, Ravenne, Rirnini, Modène, Reggio,Parme, Plaisance, Bobbio,Tortone, Alexandrie,Verceil et Novare, seraient maintenues dansl’indépendance dont elles avaient joui depuis lerègne de Henri IV. A compter de cette époque,la prospérité des villes d’Italie alla toujours en