3 1 8 PARTIE I. - PÉRIODE I.
l’empereur, et ne lui fait passer que peu de se-cours. Sa haine est impuissante, et il ne peutcontinuer la guerre, faute de moyens. AndréGritti, provéditeur, surprend même Padoue; leshabitants toujours affectionnés à leur anciengouvernement, le favorisent dans cette expédi-tion ; d’autres villes suivent leur exemple, et Maxi-milien perd chaque jour une de ses conquêtes. Leroi de France commence à sentir qu’il n’est pasde son intérêt que Venise succombe. Jules ,voyant que les éléments de la ligue sont près dese dissoudre, bien loin de se servir de son ascen-dant pour les unir, tâche d’accélérer le momentde la dissolution totale. Malgré les représenta-tions des autres puissances, il accorde aux Vé-nitiens l’absolution, et accepte les propositionslo avantageuses qu’ils lui offrent. La république,espérant avec raison regagner par l’adresse etavec le temps ce que les circonstances critiquesoù elle se trouve l’obligent de sacrifier, consentà tout. Elle s’engage à ne conférer à l’avenir au-cun bénéfice que ceux de patronage laïque, àne mettre aucune imposition sur les biens ecclé-siastiques , à permettre à tous les sujets de l’étatecclésiastique de naviguer librement sur le golfe,à laisser au pape toutes ses conquêtes, et à re-noncer à toutes ses prétentions sur les terres de