208 PARTIE II. - PÉRIODE III.
que Richelieu avait substitué aux formes aristo-cratiques de l’ancienne constitution , régime quidevait servir de point de passage à la véritablemonarchie, mais qui glaçait les cœurs et para-lysait les esprits; c’était, dans la première partiedu règne de Louis XIV, un gouvernement fermeet doux, une autorité tutélaire , qui garantissaitla sûreté des individus, leur assurait à tous uneactive protection , et favorisait leur développe-ment : il n’y avait pas de liberté politique, maisle premier besoin des sociétés, la liberté civileexistait, et heureux de ce bienfait on ne dési-rait pas autre chose. Les arts et les lettres peu-vent fleurir, et ont fleuri en effet dans les mo-narchies comme dans les républiques; la formedes constitutions est assez indifférente à leursprogrès, mais ils sont incompatibles avec ledespotisme et l’anarchie. Le gouvernement deLouis XIV s’éloigna également de l’un et del’autre, pendant la belle période de son règne.Sous le joug salutaire des lois se pliaient lestètes les plus puissantes. Un seul commandait,tous les autres obéissaient; mais les ordres n’é-taient pas encore des ordres arbitraires ; ilsétaient dictés par l’intérêt public, et sous l’égideprotectrice des lois générales, toutes les forcespouvaient agir sans inquiétude, et tous les ta-