CHAPITRE XXII.
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j paraître noble, élevé, et où beaucoup de choses| l’étaient en effet, où la décence et la dignité duj langage et des manières étaient le ton dominantet passaient du souverain aux sujets; entouréd’amis éclairés et sévères qui ne lui refusaient pasl’éloge et ne lui épargnaient pas les critiques,Racine développa dans toute sa force le beaugénie qu’il avait reçu de la nature, et il feral’admiration et le désespoir de tous ceux quiessaieront de marcher sur ses traces. Ou lui areproché d’avoir transporté l’art dans un mondeidéal et conventionnel ; mais l’objet de l’art n’estpas la nature, telle qu’elle se montre dans lesindividus qui composent la société ; c’est la na-' ture dans sa beauté, telle qu’elle existe dansles productions d’élite et les combinaisons lesplus heureuses qu’elle ait jamais enfantées.D’ailleurs, si elle se surpasse elle-même quel-quefois, elle se ressemble cependant toujours à' elle-même. Toutes les amantes ne parlent pasprécisément comme Hermione ou comme Junie,toutes les mères comme Andromaque ; maiselles sentent de même, et du moment où ellesseront en état de comprendre Racine , elles sereconnaîtront dans ses portraits. On a dit queRacine n’avait su peindre que l’amour; mais l’a’| inour est de toutes les passions la plus intéres-