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jugement sûr, une ame forte, ni même l’amourde la vérité. Rapin Thoyras, un de ces français monque l’intolérance obligea de s’expatrier, consacra I72J ‘sa plume à l’histoire de la rivale de la France, del’Angleterre, et l’écrivit avec beaucoup de liberté;il a puisé dans les sources avec autant de patienceque de peine ; il a pénétré les ressorts secrets desrévolutions, mais il a été égaré dans ses juge-ments par sa haine contre la France et contre lesStuarts, et il n’a donné aucune attention auxprogrès de la culture nationale : son style estlâche, traînant, diffus , sans noblesse, sans pré-cision et sans chaleur. Cependant il a évité laplupart des défauts des historiens du règne deLouis XIV, qui généralement voyaient plus,dans l’histoire, celle du prince que celle despeuples, le tableau des événements militairesque celui du développement des lois et desmœurs, et qui consultaient plus l’intérêt de leurreligion, de leur ordre, de leur patrie, que celuide l’humanité.
Ce qui peut consoler et dédommager du dé-faut des grands historiens ceux qui étudient lalittérature française de cette époque, ce sont lesmémoires. Ce genre d’écrits, dans lequel les Fran-çais , causeurs, malins, empressés à parler d’eux-mêmes et des autres, ont mieux réussi que tous/j 16