200 PAHT1E II. - PliiUOOE 111.
ces hautes spéculations avec toute l’ardeur d’unemort e,, imagination vaste et forte. Le père Malebranchea développé toutes les richesses de la philoso-phie cartésienne, et a multiplié les applicationsde ses principes; mais il lui a rendu un serviceplus essentiel , en l’embellissant de tous lescharmes de son style. Personne, avant lui, n’a-vait encore écrit sur des matières abstraites avecautant de précision et de simplicité, de noblesseet d’élégance. Aujourd’hui, la partie systéma-tique des ouvrages de Malebranche est aban-donnée , et on les lit encore comme des modè-les de style philosophique. D’ailleurs, les livresde la Recherche de la vérité qui traitent des er-reurs des sens et de l’imagination, conserveronttoujours leur prix ; ce prix est indépendant detous les systèmes ; les systèmes tombent, maisles faits bien vus et bien exprimés demeurent.C’est un manifeste contre l’imagination, que l’es-prit philosophique a dicté, mais pour lequell’imagination n’a pas dédaigné de prêter sonpinceau et ses couleurs à la raison.
mort en Fénelon était aussi cartésien, et dans son traitéi15
‘ ' de l’Existence de Dieu, il a présenté avec autant
de clarté que d’éloquence plusieurs des idéesfavorites de Descartes. Il paraît que la méta-physique avait un attrait particulier pour l’es-