Il
guerre des Par thés , disait à ses troupes, selon ce querapporte Tite-Live , « qu’avec des bras et des armes l’on« n’avait pas besoin de forteresses. » 11 tâchait de cal-mer la frayeur de ses légionnaires qui n’avaient jamaiscombattu que sous l’appui de forteresses ou de campsretranchés, et qui, au milieu des vastes steppes de l’A-sie, ne voyaient aucun refuge ; il faut ajouter que l’ar-mée de Pœtus fut anéantie à la première bataille; maiscela fut-il dû à l’absence de toute fortification?
Eabius-Maximus, forcé d’abandonner le commande-ment de l’armée romaine, disait à Paul-Émile, peu avantla bataille de Cannes, selon ce que rapporte Polybe :« Temporisez : en venir aux mains, c’est donner au Car-« thaginois, s'il est victorieux, une force qu’il n’a pas ;« car, ne possédant aucune forteresse, il va bientôt« manquer de vivres. » Toutefois, malgré que la confé-dération romaine eût, peu avant, armé 700,000 hommesd’infanterie et 80,000 chevaux; malgré, selon ce quedit encore Polybe, quelle eût entouré de murailles toutesles villes et jusqu’aux bourgs susceptibles d’être forti-fiés , en ruinant tout le reste ; Aunibal, descendu enItalie avec 40,000 Numides, Espagnols et Gaulois, laparcourut en vainqueur pendant seize ans, et il fallut,pour l’en arracher, employer la force attractive à défautde celle répulsive ; Scipion l’attira sur ses pas sous lesremparts de Carthage, qui pourtant ne purent empêcherles désastres de Zama.
Si les anciens ont eu des avis différents sur la forti-fication , les modernes ne sont pas plus d’accord entreeux, et nous allons essayer de résumer les avis les plusremarquables sur ce sujet :
Machiavel, plus grand homme de guerre encore queprofond politique, s’exprime, au livre 20 e du Prince,ainsi qu’il suit : « Les villes fortes sont utiles ou nuisi-