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<> blés selon les temps : si elles profitent d’uu coté, elles
« nuisent de l’autre. Le prince qui craint plus son
« peuple que les étrangers doit en avoir; celui qui re-« doute plus l'étranger que son peuple n’en a pas be-« soin.... Je louerai donc celui qui élèvera des forte-■< resses et celui qui n’en élèvera pas ; mais je blâmerai« celui qui s’y fiera. » Avis très-remarquable pour notretemps.
Voici une lettre qu’écrivait Turenne au prince deCoudé, et que l’on trouve dans ses Mémoires continuéspar le duc d’Yorck; il paraît qu’elle est de 1672 (1).
« Faire peu de sièges et donner beaucoup de combats.
■ Quand vous aurez rendu votre armée plus nombreuse« et meilleure que celle de vos ennemis, ce que vous« avez presque fait à Rocroy ; quand vous êtes bien« maître de la campagne, les villages vous valent des« places fortes; mais on met son honneur à prendre« difficilement une ville forte, bien plus qu’aux moyens« de conquérir une province. Si le roi d’Espagne avait« mis en troupes ce qu’il lui a coulé d’hommes et d’ar-« genl à faire des sièges et à fortifier des places, il serait« aujourd'hui le plus considérable des rois. »
En 1653 , contre l’avis de la cour qui veut, attendul’infériorité de son armée, mettre l’infanterie dans lesplaces, il côtoie l’armée espagnole et ne met garnison « ni« à Ham, ni à l’éronue, ni à Saint-Quentin ; cette ré-« solution fut très-belle », dit-il ; ainsi parlait l’élèvedes généraux de Gustave-Adolphe. Napoléon remarqueque les dernières campagnes de Turenne furent les plussavantes, et l’on peut observer que plus il lit de pro-grès dans l’art de la guerre et plus il diminua l’usage
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