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naro, sans posséder une seule place derrière lui, et batl’armée française qui le suivait par la rive gauche sanspouvoir parvenir à atteindre la rive droite sur laquellemarchait l’armée autrichienne.
Au conseil de guerre tenu en 1708 , à la Haye, Eu-gène ouvre l’avis , approuvé par Marlborough, « de ne« pas souffrir les Français faire un seul siège, mais de« leur livrer bataille, que telle était la bonne manière» de faire la guerre en Flandre ». Ce fut cette opinionqui amena la bataille d’Audenarde. Il est vrai qu’Eugènedut, comme Marlborough, céder à la volonté des Hol-landais et faire des sièges, en commençant par celui deLille ; mais ce fut contre son système de guerre : l’his-toire en fait foi.
Enfin un empereur meurt, une intrigue de femmerenverse Marlborough, et les Anglais font une paix sé-parée avec la France; Eugène, à la tête des Hollandais etdes Allemands, reste seul sur le champ de bataille, ayant,non compris les garnisons, une armée de 110,000 hommes.
« Il propose à l’empereur de faire une trouée en France ;
« on l’oblige à assiéger encore Landrecies, et il est« même contrarié jusque dans les détails de l’opération :« il veut que les magasins soient-au Quesnoy, mais les« députés hollandais, par un trait caractéristique, le« contraignent à les mettre dans Marchiennes pour pro-« fiter économiquement de la navigation de l’Escaut. »Alors Eugène fait ces lignes appelées fastueusement che-min de Paris, longues de sept lieues, depuis Marchien-nes jusqu’au camp de Landrecies, interrompues à De-nain par le passage de l’Escaut. Cette petite ville estorganisée en place de campagne intermédiaire. Villars,poussé par Montesquiou, débouche alors de Bouchain,franchit le fleuve et tombe sur Denain gardé par 15bataillons; ce poste est enlevé et les lignes coupées; en