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vain Eugène accourt-ii sur la rive opposée , il ne peutplus passer l’Escaut, et il est obligé de lever le siège deLandrecies en se retirant sur Mons ; mais, remarquons-le bien, c’est parce que Villars devint Eugène, tandisqu’Eugène avait consenti à être Villars : et c’est parceque les deux armées changent un instant de rôle, quela victoire change aussi de drapeau.
Le maréchal de Berwick était peu favorable à la dé-fense systématique par le moyen d’une combinaison or-ganique de places fortes : est-ce en sa qualité d’Anglaisou par pressentiment qu’il ne les aimait pas, car il futtué, en 1734, au siège de Philisbourg; quoi qu’il en soit,on lit dans ses Mémoires ( 1 ) : « Du temps que les ar-« mées étaient petites, on pouvait, par des marches dé-« robées, tomber tout à coup sur un quartier faible et« secourir les places assiégées ; mais il n’en est pas de« même présentement que l’on a en tète une armée de« cent mille hommes. » Il semble que l’opinion de cegénéral était : que le rôle des places fortes avait uneplus grande puissance quand les armées étaient moinsnombreuses : ceci mérite d'être noté, car dans la suitenous en verrons la conlirmation.
Feuquicrs était en opposition flagrante contre un sys-tème organisé de places fortes : était-ce aussi par prin-cipes ou par ressentiment, en souvenir de sa déroute de1691 , devant Coni? Ou trouve dans ses mémoires quel-que chose qui approche de l’opinion de Montécuculli.« Je ne suis pas d’avis, dit-il, qu’à la paix on construise« de nouvelles places fortes.... Il suffit d'en avoir une« dont l’habitation soit grande et puisse contenir des» magasins. »
Voici ce qu’écrivait le maréchal de Saxe, le vainqueur
i ' Y.iltinii? pape 18.