un hommage rendu aux places fortes ; mais ne voit-onpas, en même temps, que ce furent les autres générauxqui créèrent la valeur de Prague -, car il faut de la logi-que et ne pas célébrer un moyen de succès que soi seulon a fait naître dans les mains de son ennemi, contre soi-même, par une fausse direction.
Où Darçon a-t-il trouvé que Frédéric II était antipa-thique à l’emploi des places fortes (1)? Il représente ceprince comme un rusé qui déclamait tout haut contreles forteresses, pour en dégoûter ses rivaux, quoique dansle for intérieur il en fit un grand cas. Peut-être que Fré-déric entendait le rôle des places autrement que Darçon,mais probablement il n’était pas assez simple pour penserqu’il les ferait négliger à ses ennemis au moyen de dis-cours captieux.
Voici, au reste, ce qu’écrivait ce grand homme sur ccsujet (2) : « Les armées et les forteresses sont d’une égale« utilité pour les princes ; car s’ils peuvent opposer leur>< armée à leurs ennemis, ils peuvent sauver cette armée« sous le canon de leurs places, en cas de batailles per-« dues, et le siège que l’ennemi entreprend de ces forte-« resses leur donne le temps de se refaire et de ramasser« de nouvelles forces. Les dernières guerres de Flandre« entre l’Empereur et la France n’avançaient presque« point à cause de la multiplicité des places ; et des ba-« tailles de cent mille hommes remportées sur cent mille« hommes, n'étaient suivies que de la perte d’une ou« deux villes. La campagne d’après, l’adversaire, ayant« eu le temps de réparer ses pertes, reparaissait de nou->< veau, et l’on remettait en question ce qui avait été dé-
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i; Considérations militaires et politiques, par Darçon , pages 39 - 80 .(ü) I/anti-Machiavcl, chapitre xx, page U 9 .