78 —■
grandes agglomérations d’hommes à conduire, ont senti,par une sorte d’intuition, qu’il y avait pour eux peu demotifs à s’établir derrière des fortifications ; tandis queceux qui n’avaient que de petites armées à manier ont pu,par une influence contraire, être portés à espérer moinsde chances désavantageuses avec l’appui des moyens del’art de l’ingénieur, ainsi que Benvick l’avait dit ; puis-que dans ce cas il ne reste plus de notre tableau n° 1, endéfalquant les batailles, que les chiffres 875 et 241 re-présentant les combats moins considérables : or ils sontdans le rapport 3,63 : î, d’où l’on peut se rendre raisondu fréquent emploi des retranchements par les arméesdes 15°, 16 e et 17° siècles moins nombreuses que les mo-dernes. Cela expliquerait la conduite des anciens et sur-tout les camps romains des petites armées consulaires.
Et ceci paraîtra d’autant plus probable si l’on énumèrel’immense quantité de succès obtenus, même de notretemps , dans la petite guerre de postes en Espagne contreles guérillas, et en Allemagne contre les cosaques, lescroates, les pandours, ou contre Abd-el-Kader et les par-tisans, en Afrique, presque toujours repoussés des can-tonnements retranchés. Ce nombre considérable de succèsde détails a pu, du reste, induire en erreur sur l’emploides moyens analogues dans les grandes affaires ; on a pucroire à une sorte d’analogie entre elles.
Deux causes principales peuvent expliquer ces résul-tats ; les manœuvres des armées anciennes étaient pourainsi dire milles : chacune de leurs batailles était unesorte de duel unique et sur place, composé d’une foulede duels particuliers ; alors les retranchements devaientavoir une grande influence, c’était le même effet que celuide la cuirasse et du bouclier. Moins vous avez de manœu-vres nécessaires, et plus les retranchements et les armu-res sont utiles, et plus il est naturel d’y recourir ; mais