plus les armées sont mobiles, nombreuses et par consé-quent étendues, plus les mouvements, les manœuvressont allongées et indispensables. C’est alors que les re-tranchements et les cuirasses y mettent des obstacles,vous gênent, et conséquemment vous apportent plus dechaînes, d’entraves et de causes de revers ; à tel pointque vous vous affaiblirez d'autant plus que vous vousretrancherez davantage.
Une seconde cause de discrédit de la puissance desretranchements et en même temps de la cuirasse et dubouclier, c’est l’usage du canon qui détruit tout avecfacilité et va vous chercher derrière vos fortifications :ce que ne faisaient ni la flèche ni le javelot ; l’obus enfile ,plonge, renverse tous les obstacles sans les voir; et sipour les petits combats on trouve actuellement la chance2, 40 contre 1, et dans les grands celle de 5 contre 1, ilest probable que quand le canon augmentera encore depuissance, la chance défavorable ira aussi en augmentantjusqu’à devenir peut-être 6,8, 10 revers et plus contre1 succès : le canon a fait une révolution totale , ditNapoléon. L’artillerie de Louis XIII, Louis XIV etLouis XV était lourde, imparfaite ; comparée à la nôtre,elle a pu conduire jusqu’à la chance de 2 et 3 contre ! ,quand nous trouvons de 1732 à 1815, seulement 5 dansdes affaires de même nature : à la première guerre sé-rieuse ce sera encore pis.
Les petits combats ont donné des rapports moins dé-favorables , et il est probable que si l’on faisait le recen-sement des succès obtenus dans les actions beaucoupplus minimes que celles que nous avons enregistrées ,telles que celles de postes, on trouverait encore un rap-port plus satisfaisant, peut-être celui de 1 contre 1, etpeut-être même serait-il renversé et deviendrait-il 1revers contre 2, 3, 4, 10 succès, parce que les guérillas,