en ce genre, disons le mot devenant à son tour doc-trinaire , vit flétrir ses lauriers et sa fortune changer.Ce fut un même sort qu’éprouva Napoléon devenu éga-lement doctrinaire. Cependant l’on retrouve encore An-nibal à Herdonia où il battit le consul Fulvius appuyé àla place de ce nom, et lui tua 16,000 hommes ; on leretrouve également après la défaite d’Asdrubal sonfrère qui lui amenait d’Espagne une puissante armée desecours et qui déjà avait traversé le Rubicon , défaite dueà une belle manœuvre de Codius Néron, qui avec unepartie de son armée traversa en 3 jours et en poste toutela longueur de l’Italie. Enfin rappelé par Carthage ,que menaçait l’armée de Scipion , il fut obligé d’évacuerle pays ; mais son dernier adieu aux Romains fut encoreune victoire qu’il gagna sur eux malgré leur appui auxremparts de Crotone , et ce fut encore en vainqueur qu’ils’embarqua à Licinium , après avoir gravé sur l’airainle récit de ses exploits.
Veut-on chercher de nouvelles preuves de la faiblessede la doctrine même dans les guerres antiques , elles sontsi multipliées que l’on est seulement dans l’embarras duchoix; les places fortes trop nombreuses et systématiséesont partout porté leurs fruits amers. Que l’on jette uncoup d’œil sur la Grèce, aux mille et mille forteresses ,sur l’Asie, l’Espagne et l'Afrique ; que l’on considère lestemps des rois de Rome, ceux de la République ou de l’Em-pire ; que l’on observe les Latins , les Toscans, les Om-briens , les Eques , les Samnites ou les Tarenlins quiprétendaient résister aux Romains à l’aide de leurs nom-breuses forteresses. Ce sont pourtant les mêmes peuples,les mêmes armes , la même discipline et la même sciencemilitaire, et cependant les doctrinaires antiques sont con-quis de la même manière que les doctrinaires modernes :les assiéyeurs triomphent des assiéyès. La seule famille