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abbayes du clergé tous fortifiés ? mais il fallait donnerune sorte de coup de pouce à la vérité pour arriver à sadémonstration : car c’est toujours le même système quandil s’agit de faire triompher sa doctrine, et tous ses adep-tes l’ont imité avec la même franchise.
En attaquant des principes subversifs de toutes bonnescombinaisons militaires, nous n’avons pas prétendu ôter àDarçon le mérite réel qu’il possédait. Séparez , s’il estpossible, ses talents de l’Intérêt de corps qui le dominait,et vous reconnaîtrez dans l’intérieur de son cabinet desvérités très-bien senties et très-bien déduites. Ainsi dansle petit nombre de phrases suivantes , ou trouve unaperçu très-lumineux sur l’abus des forteresses. (I)« Dans les guerres ordinaires que la France eut à sou-« tenir, le théâtre était au moins connu d’avance. Les« parties de frontières étaient indiquées, et nous n’avions« environ que dix ou douze places ou postes à armer.•• On pouvait dégarnir le reste, ce qui donnait la faculté« de composer des corps d’observation, de rassembler« des armées et de profiter avec plus ou moins d’avantage« delà résistance des places. Aujourd’hui l’inquiétude ré-« pandue sur toutes les parties de la circonférence du« royaume , tend à concentrer l’attention sur des objets« secondaires, et cela ne peut être qu’au préjudice de« l’ensemble. Il n’est pas une bicoque qui ne soit dis-« posée à demander des troupes, des canons, des forti-« fications. Delà, résulte une dispersion qui affaiblit« les ressources et qui s’oppose par le fait à toute réu-« nion d’armée. Et dès lors les places restant isolées,« ne produisent plus qu’une suite de résistances par-« belles perdues pour l’Etat. »
( j ) Mémoire rédigé par Darçon sur une reconnaissance des frontières de l’est,faite en i79ü, de concert avec le général d’artillerie Rostaing, comparéàlap. 51des Considérations militaires et politiques du même anteur.