2
CAMPAGNES d’aELEMAGNE
l’Angleterre, livrée à elle-même, et se défiantde ses propres forces pour continuer la guerre,avait préféré la paix aux chances d’une lutte pé-rilleuse. Le traité d’Amiens conciliait tous lesintérêts, et la France l’avait accueilli comme legage du plus heureux avenir ; car le double fléaude la guerre intestine et de la guerre étrangèrelui avait fait des blessures difficiles à guérir.
Cependant la république touchait à son terme.Napoléon Bonaparte, premier consul, préludaitdéjà au souverain pouvoir, et s’essayait à l’empirepar une administration sage, bienfaisante et fortetout à la fois. Le parti royaliste s’agitait en vaindans l’ombre; d’obscurs conspirateurs, émissairesdes émigrés et payés par les Anglais, ourdis-saient des complots contre le gouvernement,qui les déjouait sans peine; car ces complots n’é-taient guère que des intrigues qui ne s’appuyaientsur aucun moyen d’exécution.
Au milieu de ces légers troubles, la Répu-blique française fit la paix avec le dey de Tunis ;on régla l’administration des biens communaux,