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campagnes d’allemagne
avait excité dans toute la France, il achevait del’éblouir en ordonnant de toutes parts des travauximmenses, qui devaient à la fois, et comme parenchantement, l’embellir et la fertiliser ; mais, touten donnant de si belles espérances, il s’étudiait àétouffer l’esprit de liberté qui régnait encore, etsapait, dans ses fondemens, l’édifice d’une répu-blique toujours chancelante. Saisissant toutes lesoccasions qui lui semblaient favorables à ses am-bitieux desseins , il affermissait chaque jour sonpouvoir arbitraire, et l’on s’aperçut trop tard quetoutes les institutions qu’il avait créées depuis letraité d’Amiens jusqu’au moment de son avè-nement à la couronne impériale, étaient autantde coups mortels qu’il avait portés à la constitu-tion de l’an VIII; elle était déjà tellement modifiée,qu’elle ne pouvait plus entraver en rien les dispo-sitions qu’il lui convenait de prendre. Privé de-puis long-temps de la parole, le Corps-Législatifavait encore, suivant lui, trop de pouvoir ; et, ser-viles exécuteurs de sa volonté suprême, les séna-teurs s’étaient réunis, le 10 décembre 1803, à