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CAMPAGNES D ALLEMAGNE
verait menacé. On n’oublia pas non plus la levéeen masse ; les voitures et les chevaux furent misen réquisition ; le nombre des fusils n’étant pointsuffisant pour cette milice innombrable, on enarma la majeure partie de piques et d’autres ins-trumens meurtriers. Afin de faciliter la levée decent mille matelots, on eut recours à l’abominablemesure de la presse, qu’on exerça avec une ri-gueur jusqu’alors inconnue. Tout le pays d’Essexdevait être inondé tout à coup, au moyen desécluses qu’en peu de temps on fit construire àgrands frais. Les côtes furent garnies d’une ar-tillerie formidable, et les ordres du gouverne-ment portaient qu’au premier signal du débar-quement on mît le feu aux forêts, aux villages,aux villes même; qu’on détruisît les chemins, lescanaux, et que les bestiaux qu’on ne pourraitpas emmener dans l’intérieur du pays fussentégorgés.
Enfin l’Angleterre, doublement effrayée parles troubles qui, dans ce moment, se renouve-laient en Irlande, fut transformée tout à coup en