310
CAMPAGNES D’ALLEMAGNE
si ponctuellement, que les affaires reprirent leurcours dans la ville de Berlin. Elle semblait êtrealors occupée plutôt par des alliés que par unearmée victorieuse.
La victoire avait investi Napoléon de droitsdont le souvenir des injures et des provocationsde la Prusse pouvait rendre rigoureux l’exercice.Il ne se reposa des agitations de la conquête quepar la clémence, et la générosité, dont il se plut àmultiplier les actes, fut sa vengeance ; c’est celledes grands hommes. Le duc de Weymar s’étaitmontré un des plus ardens ennemis de la France,et commandait une division de l’armée prus-sienne. Le lendemain de la bataille d’Iéna, Napo-léon s’arrêta à Weymar, où le reçut l’épouse duduc; elle devait craindre pour cette ville, quel’on appelait alors l’Athènes de l’Allemagne, lesfléaux d’une guerre au centre de laquelle elle setrouvait pour ainsi dire placée ; la guerre s’arrêtadevant ses murs, qu’elle respecta : « Vous avez» sauvé votre mari, madame, lui dit l’empereur ;» vous l’avez sauvé en restant chez vous et en