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CAMPAGNES D’ALLEMAGNE
rances dont naguère Berlin avait entendu latumultueuse expression. Cette reine, qui tenaitdes palmes toutes prêtes pour le front des jeuneshéros, vainqueurs présumés des Français ; cettereine dont la belliqueuse ardeur avait donné lesignal des batailles, trouvait à peine un refugedans ses Etats ; les plus actifs conseillers de laguerre contre la France en étaient tombés lespremières victimes ; les uns , tels que le duc deBrunswick, le maréchal de Moellendorf et legénéral Schmettau, n’ont pas survécu à la hontedes armes prussiennes ; les autres sont prison-niers. Quelle prompte et terrible leçon !
Alors aucune voix ne s’opposa à la demanded’une paix qu’on regardait comme un bienfait,à quelque prix qu’on dût l’acheter. Le marquisde Luchesini et le général de Zastrow furentdonc envoyés au quartier-général de l’empereur,qui accorda sans difficulté un armistice signé le6 novembre à Charlottembourg. Le vainqueurétait disposé à la paix, et bientôt les deux en-voyés de Frédéric-Guillaume transmirent à leur