ET DE PRUSSE.
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effet, les Russes manœuvraient pour couper l’ailedroite de l’armée française, et faire une trouéejusqu’à la Vistule, dans la direction de Thorn; ilsespéraient passer le fleuve au dessous de la ville,puis se porter sur la Peene. Là, ils auraient ré-tabli le théâtre de la guerre, dans le voisinagedes places qui tenaient encore, et dont les gar-nisons délivrées devaient grossir leurs corps etaugmenter leurs ressources.
L’empereur résolut donc d’entretenir leur con-fiance ; et Bernadotte, devant lequel ils se présen-tèrent d’abord, reçut l’ordre de reculer, à leurapproche. En conséquence, le maréchal évacuaElbing, et se reploya sur Mohrengen, où le gé-néral Pacthod était déjà aux prises avec les Rus-ses , supérieurs en forces vers ce point, et bienpourvus d’artillerie.
Une action très vive s’engagea sur-le-champ;elle fut d’autant plus glorieuse pour les troupesde Bernadotte, qu’elles se battirent, encore épui-sées par les fatigues d’une longue marche. L’en-nemi perdit plus de deux mille hommes, pen-