ET DE PRUSSE,
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vision prussienne du général Lestocq, s’étantemparé du village de Schmoditten, coupait laretraite à l’arrière-garde ennemie, qui fut ainsimise dans une déroute complète, et taillée enpièces jusqu’à la nuit, qui mit fin au combat.
Quand le jour éclaira le champ de bataille, lelendemain, il offrit un spectacle horrible : la neigeensanglantée qui couvrait les cadavres, les crisdes blessés qui accusaient à la fois et la nature etles hommes, cette agonie de tant de victimes qui,atteintes par le fer ou le feu, se débattaient sous laneige devenue leur sépulture, la place des re-tranchemens qu’occupait l’ennemi attestée seu-lement par des monceaux de morts Russes ouFrançais confondus ensemble, telle était la scèned’épouvante et de deuil, tel était le champ debataille que les Russes avaient abandonnés auxFrançais. Mais cette cession ne pouvait être consi-dérée comme une défaite, la victoire était restéeindéciseau milieu du massacre, et des deux côtéson chanta le TeDeum ; cependant une bataille in-certaine était presqu’un succès pour les Russes,