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CAMPAGNES D’ALLEMAGNE
substitué un autre sentiment, l’admiration exclu-sive pour la gloire militaire. Nos guerriers nevirent plus la patrie que dans les camps , d’hon-neur que là où il y avait des ennemis à combattreet des lauriers à cueillir.
Napoléon devait la couronne à ses soldats quil’avaient porté sur le pavois, et ceux-ci ne de-mandaient pour toute reconnaissance que la gloirede mourir pour lui. Ils l’avaient vu s’élever etgrandir au milieu d’eux, et ils regardaient avecraison son élévation comme leur ouvrage. Quede liens unissaient Napoléon à cette armée tou-jours invincible avec lui! Quel avenir il promet-tait à un dévouement qui, sous le régime répu-blicain , n’étaitpayé que par l’oubli ou l’ingratitude !Napoléon savait récompenser tous les sacrifices ;le soldat, tombant sur le champ de bataille,mourait consolé, en pensant que sa veuve ou sesenfans ne seraient pas délaissés ; une parole , unregard de Napoléon enfantaient des héros ; cha-que soldat de son armée pouvait espérer d’êtreun joui’ général, et la carrière des honneurs mi-