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CAMPAGNES D ALLEMAGNE
couronner ses drapeaux ; mais depuis elle semblele suivre d’un vol fatigué et lui fait payerbien cherses faveurs. Une résistance opiniâtre de la partdes nouveaux ennemis que la politique de l’Angle-terre lui suscite, des succès douteux jettent quel-ques nuages sur la fortune jusque là si brillantede Napoléon ; les nations qu’il a vaincues tant defois ont appris à leurs dépens que la résistanceseule devenait pour elles une victoire, et reve-nant peu à peu de leur stupeur, elles se préparentà de nouveaux combats, à une lutte qui ne doitfinir que par la chute du conquérant. La plusgrande faute de Napoléon fut de mettre son in-térêt à la place de l’intérêt public. « L’intérêtd’un seul homme , dit un écrivain qui a jugé Na-poléon avec une juste sévérité , est trop mesquinpour les masses ; tôt ou tard elles le déplacent oule renversent dans leur marche. «Napoléon dissipapeu à peu les illusions de liberté en France ; uneseule vertu soutint son règne, l’amour de lagloire. 11 n’eut que l’ambition vulgaire des con-quérais. Il aspirait à la terre de toute l’énergie