ET DE PRUSSE.
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de sa volonté puissante ; il voulait éblouir leshommes, et prit pour une admiration durableun instant d’aveuglement et de vertige. « L’Etat,c’est moi, » disait de bonne foi Louis XIV, gâtépar les adulations de ses courtisans. Napoléon lepensait aussi et le proclamait hautement : « Toutest dans le trône et dans moi, » dit-il au Corpslégislatif en 1814, après la retraite de Leipsick,et long-temps avant il avait dit : « Je serai tel jour»à Vienne, j’abattrai l’orgueil de l’Autriche,» j’irai à Moscou, » et la France croyait à ces mi-racles et les accomplissait.
Comme général, Napoléon n’augmenta pas saréputation militaire dans la campagne de Prusseni même dans celle d’Austerlitz ; on y reconnaîttoujours le coup d’œil du génie et ses audacieusescombinaisons ; mais dès lors le système militairea changé, ce sont des masses opposées à desmasses, et le vainqueur de l’Autriche, de la Rus-sie et de la Prusse n’a point effacé la gloire du con-quérant de l’Italie, de celui qui, à vingt-cinq ans,à la tète d’une poignée de soldats sans pain et sans