46 HISTOIRE DE LA GUERREnant-général Martinho de Souza e Albuquerque,et le brigadier-général Francisco de Borga Gar-çao Stockler, députés de la régence, l’avertirentde la violente fermentation qui régnait parmiles habitants de Lisbonne ; ils l’informèrent quela Hotte anglaise était à l’embouchure du fleuve,qu’il était évident quelle n’attendait qu’un ventfavorable pour le remonter, et qu’à moins desplus grandes précautions il serait impossible deconserver la bonne intelligence que non seule-ment la prudence mais encore les ordres positifsdu prince régent exigeaient qu’ils entretinssententre les Français et les Portugais. Junot lesécouta jusqu a la fin, et les renvoya en leur dé-• clarant qu’il rendait la régence responsable dela tranquillité de la capitale. Il recommanda auxautres députations d’user de diligence et de zèlepour calmer leurs concitoyens, et il envoya ungrand nombre de copies d’une proclamation oùil annonçait les bonnes dispositions de l’empe-reur pour la nation portugaise, avec ordre dede les afficher dans les lieux les plus apparentsde Lisbonne ; ensuite il continua sa route.
Maisjquoique Junot affectât de mépriser lespérils de sa position, il était impossible qu’il n’ensentît pas le danger. Sur les vingt-huit millehommes avec lesquels il avait traversé les Pyré-nées , il n’y en avait que six mille sous sa main