DE LA PÉNINSULE. 4 7
en état d’agir; le reste était disséminé en unelongue colonne sur la ligne de marches qu’ilavait parcourue : des inondations ou des torrentsimpraticables empêchaient les différents corpsde communiquer entre eux. La division la plusproche de son avant-garde était celle du géné-ral Delaborde, qui n’avait pas encore pénétréau-delà de Santarem. Il n’avait aucune nouvellede la cavalerie et de l’artillerie qui s’étaient jetéessur la gauche lorsque l’armée quitta Alcantara ,et il ignorait entièrement si les corps espagnolsqui devaient se porter sur l’Alentejo et sur En-tro-Douro e Minho avaient commencé leursmouvements. Il était impossible que le généralfrançais, se trouvant dans une pareille positionétayant devant lui une ville grande et populeusedont la garnison s’élevait au moins à dix millehommes de troupes régulières, n éprouvât pasde sérieuses appréhensions ; mais il savait enmême temps que s’il manifestait la moindrecrainte ou la moindre faiblesse, il serait perdu ,et c’est dans cette persuasion qu’il réunit autourde lui autant de troupes qu’il put en rassembleret qu’il entra dans Lisbonne le jour suivant.
Il n’est pas nécessaire de rappeler au lecteurque tandis que le général français achevait sonpénible voyage, la famille royale pressait sespréparatifs de départ. La matinée du 27 fut fixée