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Tome premier.
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HISTOIRE DE LA GUERRE

jusqu’au dernier, avant que les Français n’y en-trassent. Dans le court espace de quarante-huitheui’es, ils dépavèrent les rues et chargèrent depierres les balcons et les toits des maisons, afinde les lancer sur l’ennemi. On avait déjà tracé unlarge fossé tout autour de la ville, et commencédes retranchements auxquels travaillaient sansrelâche les hommeset les femmes de toutes clas-ses. Morla avait pris le commandement de laplace, et tous les habitants, animés d’une résolu-tion héroïque, voulaient vaincre ou périr. Il estinutile de dire que ces nouvelles augmentèrentnotre mécontentement. Les soldats, non con-tents de censurer ouvertement les projets de re-traite , formaient des plans dont ils prétendaientrecuèillir les résultats les plus avantageux. Pour-quoi, disaient les uns, ne pas marcher sur ladroite pour nous réunir à Castanos? en mettantles choses au pis, il nous restera toujours une re-traite sur Cadix par la Sierra-Morena. Pourquoine pas tenter un grand coup, s’écriaient les au-tres, ou rassembler toutes nos troupes derrièrele Douro? ce serait du moins retarder les opéra-tions de l’ennemi, sinon les contrarier sérieuse-ment. Pouvait-on espérer que Bonaparte, aprèss’être autant avancé, voudrait abandonner l’Es-pagne jusqu’à ce qu’il eût réuni toutes ses forcescontre elle, ou que les nouvelles levées espagno-